Disparus

Hommage à Oswald Durand

Né à Port-au-Prince le 17 novembre 1956, Charles Alexis Oswald Durand dit Ti-Flûte est un descendant direct du célèbre poète capois Oswald Durand. Multi-instrumentiste autodidacte et surdoué (guitare, flûtes, saxophones), compositeur, arrangeur, chef d’orchestre, Ti-Flûte se met à la musique vers l’âge de 17 ans, tout d’abord à la guitare, puis à la flûte. En 1976, avec Raoul Denis Jr, il remporte le 1er prix du concours L’Heure des Amateurs à Télé Haïti.

De passage à Montréal en 1993 dans le cadre d’une tournée avec la formation Boukan Ginen, il est contraint d’y rester pendant l’embargo commercial imposé à Haïti. C’est ainsi que commence son aventure montréalaise, qui aura duré 23 ans.

Sur scène ou en studio, il multiplie les collaborations, que ce soit avec des musiciens – Claude Marcellin, Toto Laraque,  Amos Coulanges, Claude Jeannot, Hugo Valcin, Harold Faustin, entre autres ; des chanteurs ou des chanteuses – Ansy Dérose,  Beethova Obas, Éric Virgal, Yanick Dutelly, Pierre-Michel Ménard, Mélissa Gresseau, Géraldine Piquion, Joe Trouillot, Ti Corn, Carole Demesmin, Marc-Yves Volcy – ou encore, des poètes, des diseurs, des conteurs tels que Jean-Claude Martineau dit Koralen et Joujou Turenne. Il a aussi accompagné avec bonheur des troupes de danse, dont Mapou Ginen, Sole danse traditionnelle moderne et Ekspresyon. Il a également été, avec son complice le tambourineur Georges Rodriguez, dit Ti-Georges, musicien permanent des Dimanches Afrocentrik.

Il est remonté sur scène encore trois fois avant son décès, soit lors de l’inauguration de la Maison d’Haïti le 29 octobre dernier ainsi que le lendemain au cours d’une soirée des Dimanches littéraires et une dernière et ultime fois le 19 novembre lors d’un événement organisé par le collectif Quat’Chimen.

Il avait plusieurs projets en chantier, dont un album de ses propres compositions et un autre avec son épouse, la chanteuse Geneviève Piquion. Il comptait par ailleurs poursuivre l’arrangement et l’adaptation de pièces du répertoire haïtien pour quatuor à cordes.

Ce formidable musicien s’est éteint le 2 décembre dernier.

Extrait de l’hommage de Marc-Yves Volcy au nom des Dimanches littéraires : « Quand Oswald est là, la magie opère : c’est tout l’orchestre qui joue mieux. »

Note de Quat’Chimen : « Ti Flûte, ta flûte, ta guitare, auxquelles tu associes rigueur, clarté et spontanéité faisaient vivre aux mélomanes et puristes des moments d’extase! »

Note de Raoul Denis Jr : « Rejoins le Grand Orchestre du Paradis pour le plus grand des concerts … Celui de l’Éternel Bonheur ! » 

 

Discographie partielle :

Richard Brisson (1979) ;  DP Express « Zafè ou » (1977) ; Gérald Merceron « Haïti 2000 / Tèt san kò » (1981) ; Mushy & Lakansyèl « Kote ou » (1983) ;  Bernard Lavilliers « if… » (1988) ; Jacques Sauveur Jean « Félicité » (1992) ; Émeline Michel « Ban’m pase » (1996) ; Sara Renelik « Aube » (2006) ; Claudy Bernard « Tout simplement » (2010) . Cds de poésie : Incantatoire, poèmes de Raymond Chassagne dits par Anthony Phelps et Boris Chassagne (2003) ; Amour, je te tutoie –  Henri-Robert Durandisse (2004) ;  Complice des voyelles – Fayolle Jean (2005) ; Lettres d’automne/Tanlapli – Franz Benjamin (2007) ; Haïti Femme-Vertige – Roland Menuau (2015).

Rédigé par Maguy Métellus et Ralph Boncy. Avec des notes de Anathalie Durand.