NOTRE HISTOIRE
S’ÉCRIT CHAQUE JOUR

Gloria Baylis

29 juin 1929 – 14 avril 2017

Gloria Leon Baylis (née Clarke) a vu le jour à Bridgetown à la Barbade en 1929. Peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle immigre en Angleterre. Elle y suit une formation en soins infirmiers et exerce la profession d’infirmière autorisée jusqu’en 1952. C’est au cours de cette même année qu’elle immigre au Canada où elle fait la rencontre de Richard Baylis qu’elle épousera en 1956. Ensemble, ils auront cinq enfants. L’aînée d’entre eux, Pia Maria, meurt peu après sa naissance. Ses quatre enfants toujours en vie sont Françoise, Frank, Peter et Penny Baylis.

Au Canada, Gloria travaille dans de nombreux hôpitaux au cours de sa carrière, dont l’Hôpital général de Montréal de 1954 à 1957. Elle devient formatrice de salle d’opération à l’Hôtel-Dieu en 1957. Après un court passage à l’Hôpital juif en 1958, elle devient aide-superviseuse à l’hôpital Reddy Memorial en 1959. De 1960 à 1962, elle retourne à l’Hôtel-Dieu, cette fois comme formatrice et infirmière en chef de la salle d’opération.

Gloria s’est fait connaître du grand public en 1964 comme défenderesse dans le premier cas de discrimination raciale au travail du Canada. L’accusation était basée sur la « loi sur la discrimination en milieu de travail » entrée en vigueur le premier septembre 1964. Cette loi définissait la discrimination comme « toute distinction, exclusion ou préférence basée sur la race, la couleur, le sexe, la religion, la nationalité ou la classe sociale, qui a pour effet d’annuler ou de compromettre l’égalité des chances ou de traitement en matière d’emploi ou de profession ». Gloria, qui avait postulé à un emploi d’infirmière à l’Hôtel Reine Elizabeth (propriété à l’époque de la chaîne d’hôtels Hilton), avait été informée que les deux postes, tant celui à temps partiel que celui à temps plein, avaient été pourvus, ce qui était faux. Malgré ses qualifications indéniables, sa candidature n’avait pas été approuvée et présentée au directeur médical parce qu’elle était Noire. Elle fit appel à la Negro Citizenship Association et déposa une plainte. Dans un des moments forts du procès, comme le rappelle son avocat Gerald Charness, Gloria a déclaré fièrement : « Je suis Noire ».

Le 4 octobre 1965, la chaîne Hilton est reconnue « coupable » et reçoit l’amende minimum de 25 $. Cependant, au cours des onze années suivantes, Hilton a fait appel du verdict, cherchant à faire invalider le jugement. La chaîne affirmait que la loi était inconstitutionnelle. Le 19 janvier 1977, la condamnation fut confirmée par la Cour d’appel du Québec. Gloria Baylis devint la première défenderesse à avoir gain de cause dans un procès majeur relatif aux droits de la personne Sa Majestée la Reine, plaignante contre Hilton of Canada Limited, accusé.

En 1983, Gloria fonde la Baylis Medical Company. À l’origine, il s’agissait d’une petite entreprise de distribution qui importait divers produits médicaux et spécialisée dans l’équipement de neurochirurgie. En 1986, l’entreprise s’incorpore et elle est aujourd’hui l’un des chefs de file de l’équipement médical utilisé dans les interventions de cardiologie ou rachidiennes. Elle emploie actuellement plus de 400 personnes et vend ses produits partout à travers le monde.