NOTRE HISTOIRE
S’ÉCRIT CHAQUE JOUR

Coordonnatrices

Carla Beauvais

Neuf ans se sont écoulés depuis qu’on m’a donné la possibilité de travailler sur la coordination du Mois de l’histoire des Noirs. Durant ces neuf années, j’ai vu l’événement grandir, gagner en maturité, prendre sa place, créer des ponts et permettre une meilleure cohésion sociale. Chaque année, la question sur la pertinence du Mois de l’histoire des Noirs revient. Je me suis toujours demandée quel était le mot qui dérangeait : Mois, histoire, Noirs? Pourquoi est-il toujours aussi tabou et dérangeant de mettre en valeur l’apport historique, social, culturel (passé ou contemporain) des communautés noires? Pourquoi lui accorder un mois? Pourquoi pas? N’est-il pas sain pour des citoyens d’une même société de comprendre l’identité, l’histoire et le vécu de ceux et celles qui la composent? N’est-ce pas dans le dialogue et le respect réciproque que l’on devient plus fort? Je suis noire et cela ne détermine pas mon avenir et surtout, ce n’est pas la seule chose qui façonne mon identité plurielle. Soit! Mais être Noire implique un bagage historique dont je ne peux me départir et dont je suis fière. Être Noire nécessite une compréhension du monde dans lequel j’évolue et qui pose un regard sur MOI (que je le veuille, que je l’accepte ou le reconnaisse). Être Noire est ma force et non ma faiblesse! Et c’est cette force qui nous pousse à être meilleurs! Qui exige de nous d’être des citoyens et des citoyennes d’exception et des précurseurs de notre génération! « Notre Histoire s’écrit chaque jour » est notre thème cette année. Les gestes que l’on pose au quotidien détermineront le monde que nous laisserons en héritage. On dit que « Chaque Homme est une humanité, une histoire universelle », et aussi que « l’Histoire n’a pas de fin », c’est donc à nous, pendant qu’il est encore temps, de poser les gestes nécessaires pour mettre fin aux préjugés et au racisme. On ne peut remettre en question la nécessité d’éradiquer les problèmes raciaux qui sévissent dans notre société, alors, pourquoi questionner la pertinence d’un événement dont c’est justement la mission!

Claire-Anse

En tant que jeune femme Noire, j’ai grandi au Québec en trouvant rarement des modèles me représentant. Confrontée au racisme institutionnalisé, j’ai décidé de m’impliquer pour changer les choses. Arrivée à Montréal à l’âge de 9 ans, je n’ai pas eu la chance de découvrir l’histoire des Noirs du Québec ni leur contribution à la société à travers ma scolarité. Durant des années, je me suis sentie doublement étrangère, non seulement j’étais immigrante, mais je réalisais que, peu importe à quand remontait leur présence au Québec, les Noirs n’étaient pas reconnus comme faisant partie intégrante du tissu social. C’est à travers mon implication au sein du Mois de l’histoire des Noirs, que j’ai appris davantage sur notre histoire, j’ai pu constater à quel point les Noirs avaient contribué à l’édification de la société québécoise et canadienne. J’ai compris que nous n’avions pas à demander un peu de visibilité ou une chance de s’affirmer. J’ai enfin compris que nous avions notre place, que ma voix importait et méritait d’être entendue.

J’espère que la 27e édition du Mois de l’histoire des Noirs en inspirera plus d’un et sera un éveil pour notre génération. Les lauréats et les porte-parole de cette édition contribuent à bâtir l’héritage des Noirs du Québec, chacun à sa manière. Grâce à leurs voix et à leurs talents, ils défient le statu quo et font tomber les barrières. Ils nous permettent de rêver d’une société plus juste.

Je vous invite donc à participer aux activités du Mois, à célébrer et à en apprendre plus sur notre histoire et sur ces modèles qui l’écrivent quotidiennement!